Le monde a changé… et Internet aussi, son dernier changement significatif se matérialisant depuis peu dans le terme de « web 2.0 ». Un Internet qui permet de laisser plus de place à la construction de communautés dont la capacité d’apprentissage nous semble incontestable. Ce terme à la mode est décrit comme la nouvelle version d’Internet « souvent utilisé pour désigner ce qui est perçu comme une transition importante du World Wide Web, passant d’une collection de sites Web à une plate-forme informatique à part entière, fournissant des applications Web aux utilisateurs » (dictionnaire Wikipédia). La définition donnée par Ian Davis a ici notre préférence :
« Le web 2.0 est une attitude, une philosophie d’ouverture sociale dont le but est d’abandonner le contrôle individuel sur les choses au profit de la participation du plus grand nombre ».
Ce nouveau média de par sa nature permet de briser « la solitude interactive » de l’enseignement à distance traditionnelle (Wolton, 1997) validant ainsi les propos de Ivan Illich au début des années 1970, qui croyait que l’école était castratrice et ne constituait pas un cadre d’enseignement efficace et qu’il était possible de lui substituer un modèle plus efficace :
« Ce qu’il nous faut ce sont des structures qui mettent les hommes en rapport les uns avec les autres et permettent, par là, à chacun de se définir en apprenant et en contribuant à l’apprentissage d’autrui. […]. Pour qu’un homme puisse grandir, ce dont il a besoin, c’est du libre accès aux choses, aux lieux, aux méthodes, aux événements, aux documents. […] »
Sans forcément valider ou adhérer complètement au caractère iconoclaste des propos sus mentionnés, la voie ainsi tracée est assurément d’un intérêt évident, notamment lorsque l’on est capable non pas de la substituer à l’enseignement traditionnel mais de la coupler à lui. L’infrastructure d’enseignement que nous espérons mettre en place doit donc être conçue comme un accélérateur d’apprentissage qui saura s’intégrer facilement à des structures existantes.
Des outils d’autant plus efficaces que leur qualité a grandement augmenté misant sur la pertinence et la force de la participation de la communauté et disposant désormais d’une dose passablement plus élevée d’humanité. Il est clair que le fait de laisser l’étudiant participer publiquement à l’apprentissage est un moyen efficace pour pérenniser la connaissance ainsi acquise. Dans le cadre de ce projet, notre conviction est que l’enseignant n’a plus comme rôle unique de transmettre les connaissances. Il est, dans l’optique du Web 2.0 un facilitateur et un animateur de l’interaction cognitive et sociale. Son rôle consiste, en éclaireur avisé, à structurer la démarche de recherche et de traitement de l’information par l’apprenant et par le groupe. Il les accompagne et les aide à donner un sens à leur travail. Grâce au Web 2.0, il peut intervenir comme médiateur entre les parties, préoccupé de la productivité cognitive du groupe mais aussi du climat social qui y règne. L’enseignant devient par ce biais même le « vecteur de l’intégration pédagogique » (Deaudelin et Nault, 2003).
Le Web 2.0 est un véritable levier de changement ; ce n’est pas qu’un outil, son esprit invite au partage et permet d’éviter un double écueil : « celui de l’idolâtrie technophile aveugle, ignorante des enjeux de l’éducation et celui de l’ignorantisme technophobe tout aussi aveugle du monde » (Vendé, 2004). La formation à distance est une relation homme - machine où l’humain doit rester l’élément central ; la formation doit toujours placer l’apprenant au cœur des systèmes d’apprentissage pour que les technologies soient un facteur de développement des connaissances et de diffusion du savoir (Saleh et Bouyahi, 2004) car l’éducation transmet des valeurs et contribue à forger l’identité collective (Bates 2002).
13 février 2009 | Catégorie : Blogues droit des TI |
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